Parades

d’après le recueil de Thomas Simon Gueullette


De la parade

Tirant ses origines des scènes de foire parisiennes, la parade fut d’abord, à la toute fin du XVIIe siècle, une pièce publicitaire que l’on donnait gratuitement devant les théâtres, pour attirer les badauds à l’intérieur.

Elle mettait en scène une demi-douzaine de personnages, au plus, inspirés des types de la Farce française traditionnelle ainsi que des «masques» de la Commedia dell’arte.


A partir de 1710, les parades furent importées dans les théâtres «de société» (privés), où elles connurent un succès prodigieux, relayé en 1756 par la publication du recueil de Thomas Simon Gueullette.


L’originalité des parades est d’associer verdeur de parole, humour délirant, fantaisie excentrique et poésie ; loin de l’image convenue du «classique» propre sur lui et bien élevé, posant pour la postérité...




Notes d’intention

Avec Parades, le Théâtre de l’Orage poursuit son exploration d’un théâtre populaire, avec la volonté de toucher la population dont le théâtre ne fait pas partie des pratiques sociales.


A l’origine, la parade répond à un besoin de détente et d’irrévérence. L’insurrection était dans les moeurs ; le principe d’autorité était mis en cause ; mépris des convenances et des règles sociales. 1789 approche...

On ne peut être qu’étonné par l’actualité,
la modernité, de ses personnages individualistes, prompts à la division, pour le plus grand profit de qui les exploitent.


«Il s’agit bien d’un théâtre authentiquement populaire, persécuté d’ailleurs par les artistes privilégiés jaloux de cette concurrence» (Dominique Triaire, Editions Espaces 34).

Au XVIIIe  siècle, seuls les comédiens de la Comédie Française avaient le droit de jouer en français sur la scène parisienne. Cette institution harcela longtemps les forains. Les interdictions de jouer, les décrets de justice durèrent plusieurs siècles. L’inventivité des forains et leur ténacité aboutira à la création de l’Opéra Comique et au renouveau de la pantomime.


Un ostracisme similaire perdure aujourd’hui dans le théâtre, et plus généralement dans le domaine de la Culture.

Pour les lieux labellisés par l’Etat - qui concentrent les moyens financiers et accaparent les outils de production - il n’est plus nécessaire de faire interdire par la justice : la loi du plus subventionné (concurrence libre et faussée) impose son ordre.

La décentralisation théâtrale, loin d’être achevée, n’a pour l’instant conduit qu’à la constitution de baronnies et autres marquisats, où prédomine, trop souvent, un entre soi promoteur d’une esthétique certifiée conforme.


En attendant de nouveaux Etats Généraux, le style de la parade et le contexte de ses origines restent d’une étonnante modernité.


Création 2014

avec
Annie Robert
Patrice Bousquet

Guillaume Paulette

Denis Rolland


Costumes
Agnès Liotté


Bande son

Olivier Vasseur/Le Labo


Régie lumière
Hugo Couvreur


Mise en scène
Patrice Bousquet

Tous droits réservés © Théâtre de l'Orage