Scrupules

comédies d’Octave Mirbeau



Le portefeuille

La nuit dans un commissariat. De retour du théâtre, le commissaire auditionne Flora Tambour amenée avec brutalité par deux agents alors qu’elle faisait le trottoir devant le commissariat.

Les deux agents introduisent ensuite un mendiant, Jean Guenille, qui vient de trouver un portefeuille bourré de gros billets.

Il est d’abord salué comme un héros, puis le Commissaire, comprenant qu’il a affaire à un sans-domicile le traite comme un voleur et l’envoie au dépôt...


Scrupules

Le Voleur, qui est en réalité un homme du monde accompagné de son valet de chambre, est surpris en plein travail par le Volé, réveillé en sursaut.

En attendant l’arrivée du commissaire de police, le Volé entame une conversation de salon avec son Voleur lui demandant les raisons du choix de cette profession.

Le Voleur répond que c’est par excès de scrupules : après avoir essayé plusieurs professions (le commerce, la finance, le journalisme, la politique…) et s’être aperçu que le vol règne partout, il a choisi de voler loyalement et honnêtement...



L’auteur

Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain, critique d’art et journaliste français. Il connaît une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n’est pas commun.


Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, Octave Mirbeau est aussi un romancier novateur, qui a contribué à l’évolution du genre romanesque, et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde.

Mais, après sa mort, il traverse pendant un demi-siècle une période de purgatoire : il est visiblement trop dérangeant pour la classe dirigeante, tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social.


Littérairement incorrect, il est inclassable, il fait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étend à tous les genres littéraires sa contestation radicale des institutions culturelles ; également politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarne une figure d’intellectuel critique, potentiellement subversif et « irrécupérable », selon l’expression de Jean-Paul Sartre dans Les Mains sales. (Wikipédia)




Notes d’intention


Après la création de Les Amants (2013), puis de Tous Patriotes ! (2015), nous revenons à Mirbeau avec ces deux pièces sociales dénonçant l’hypocrisie des puissants et leur mépris des humbles, des sans grades.


L’univers présenté évoque le début du XXe siècle. La distance avec notre époque ne rend que plus fort l’écho de la contestation politique et sociale que nous traversons...


Dans Le Journal d’une femme de chambre (1900) - porté à l’écran par Luis Bunuel, en 1964, avec Jeanne Moreau - Célestine dit « Si infâmes que soient les canailles, elles ne le sont jamais autant que les honnêtes gens. »


Voilà, pour nous, quelques justes raisons de poursuivre l’exploration de l’œuvre d’Octave Mirbeau et de la partager.


Patrice Bousquet, février 2019







Création 2019

avec
Annie Robert
Patrice Bousquet
Denis Rolland


Costumes et décor
Agnès Liotté


Régie lumière
Hugo Couvreur


Mise en scène
Patrice Bousquet

Tous droits réservés © Théâtre de l'Orage