Le Testament du Père Leleu

farce paysanne de Roger Martin  du Gard


La pièce


Le père Alexandre est sur le point de mourir.

La Torine, sa servante, tente alors de lui faire tenir ses promesses : pendant treize années, le père Alexandre a abusé d’elle, ne lui payant pas ses gages, lui promettant en échange de lui léguer son bien à sa mort.

Hélas, il meurt sans avoir pu dicter ses dernières volontés au notaire. Alors la Torine va...


Fervent d’André Antoine et du Théâtre Libre, Roger Martin du Gard écrivit cette farce paysanne en trois actes qui, au printemps 1914, fut montée par Jacques Copeau au Vieux-Colombier.

Cette pièce obtint un grand succès, qui se prolongea jusqu’en 1938 avec son entrée au répertoire de la Comédie Française.



L’auteur

Roger Martin du Gard (1881-1958), dans le bilan du XXe siècle, incarnera l’une des personnalités littéraires les plus probes, les plus solides, les plus fraternelles : on doit forcément revenir à son œuvre lucide, ironique et tendre, édifiée loin des modes et des chapelles, soucieuse des effets d’une écriture qui n’en finit pas de se remettre en question (...). Mais Martin du Gard ne s’enferme jamais dans l’esthétisme : ce farouche individualiste est un écrivain engagé, traquant les billevesées politiques, religieuses, morales et artistiques ; dans l’instabilité du monde et la folie des fanatismes, il incite à ne point désespérer de la raison.

(extrait du site de La Pléïade)


Il est notamment l’auteur de Les Thibault, vaste fresque qu’il écrira entre 1920 et 1940.

En 1937, il obtient le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre.



Notes d’intentions


« Dans l'histoire du théâtre français, il y a deux périodes : avant et après Copeau ». Albert Camus


Le Testament du Père Leleu a été joué pour la première fois, à Paris, au Théâtre du Vieux Colombier de Jacques Copeau, en 1914. L'aventure du Vieux Colombier marque un tournant dans l'histoire du théâtre. Jacques Copeau entend à sa fondation rompre avec les mœurs théâtrales corrompues de son temps et fait preuve d'une rigueur morale exemplaire.

Sur le plan de la mise en scène Copeau accorde au texte dramatique la première place. C’est de lui que doivent dépendre ses choix et non pas de systèmes extérieurs à l’oeuvre.

Il est également l'un des premiers acteurs de la décentralisation théâtrale. Dans sa filiation s'inscriront Jouvet, Dullin, Dasté, Vilar, Danet, Robin Renucci,...


Cette farce grinçante est intéressante par sa représentation de la société paysanne du début du XXème et de ses rapports de domination. Nous sommes loin des acquis sociaux du Front Populaire et encore plus des bases du système social français jetées par le programme du Conseil National de la Résistance en mars 1944.

Elle nous donne un charmant éclairage sur les perspectives actuelles de précarité et de flexi-sécurité...

Création 2013

avec
Virginie Dupressoir
Patrice Bousquet
Michel Fontaine


Costumes
Agnès Liotté


Musique

Achteure


Régie lumière
Gautier Doussot


Mise en scène
Patrice Bousquet

Tous droits réservés © Théâtre de l'Orage